Une thèse intitulée «Sailor Moon m'a rendu gay : la subjectivité et l'identité de l'homosexuel millénaire mexicain à partir de la consommation de Sailor Moon» a fait sensation sur les réseaux sociaux, provoquant d’intenses débats parmi les utilisateurs. Cette recherche, réalisée par Daniel Eugenio Salinas Lara dans le cadre de son processus d'obtention d'une maîtrise en études humanistes au Tecnológico de Monterrey, a généré une controverse en raison de plusieurs facteurs qui ont attiré l’attention du public.
Le premier point de discorde concerne le financement de la thèse, qui a été soutenu par des ressources publiques grâce à une bourse accordée par le Conseil national des sciences humaines, des sciences et des technologies (CONAHCYT). Ce fait a suscité des critiques quant à l'allocation de fonds gouvernementaux à un projet que certains considèrent comme insignifiant ou non représentatif d'un large spectre de la société mexicaine.
La thèse se concentre sur la manière dont la série animée « Sailor Moon », destinée principalement à un jeune public féminin dans les années 90, a influencé la formation de l'identité et de la subjectivité des hommes homosexuels millénaires au Mexique. L’auteur affirme que, pour de nombreux hommes homosexuels qui ont grandi en regardant « Sailor Moon », la série n’était pas seulement une source de divertissement, mais a également joué un rôle clé dans leur développement personnel et dans l’acceptation de leur identité sexuelle. L'œuvre suggère que l'esthétique et les thèmes féminins de la série, loin de la masculinité hégémonique, ont trouvé un écho auprès de celles qui ne s'identifiaient pas aux rôles de genre traditionnels.
Cependant, l’une des critiques les plus sévères adressées à cette thèse concerne la base empirique sur laquelle reposent ses conclusions. La recherche a été réalisée sur la base d'entretiens semi-structurés avec seulement dix personnes résidant à Monterrey, ce qui a conduit à s'interroger sur la représentativité de l'échantillon et la validité des généralisations qui en sont tirées. De nombreuses personnes sur les réseaux sociaux ont exprimé leur scepticisme, arguant qu'un si petit nombre de personnes interrogées ne peut pas offrir un aperçu adéquat d'un sujet aussi complexe que la formation de l'identité dans la communauté gay.
Le résumé de la thèse souligne que la série « Sailor Moon » a été interprétée par ces hommes comme une « transgression de genre » durant leur enfance, mais qu'au fil du temps, sa consommation a été recontextualisée, leur permettant d'intégrer ce goût dans leur identité d'adulte.. Cette approche a été applaudie par certains secteurs universitaires qui valorisent les études sur la subjectivité gay et la consommation médiatique, mais a également été critiquée par d’autres qui y voient un sujet d’intérêt limité et de pertinence sociale discutable.
Le débat a dépassé le cadre académique et a atteint la sphère politique et sociale, où est discutée l'utilisation de fonds publics pour des recherches qui, selon certains critiques, pourraient ne pas avoir un impact significatif sur la société mexicaine en général. D’autres défendent la valeur de telles études, arguant qu’elles contribuent à la visibilité et à la compréhension des diverses expériences au sein de la communauté LGBTQ+, historiquement marginalisée.
