Nous avons toujours tendance à idéaliser la vie étudiante japonaise grâce aux histoires colorées que nous voyons dans les anime, mais la réalité dans les salles de classe est beaucoup plus grise et plus contrôlante qu'il n'y paraît. Une récente enquête menée par la plateforme Jukusen auprès de plus d'une centaine d'élèves du secondaire a révélé une immense frustration généralisée à l'égard d'un système éducatif dépassé. Les résultats ont montré que près de soixante pour cent des étudiants sont totalement en désaccord avec les règlements de leurs instituts, et le plus alarmant est que sept sur dix affirment que les autorités ne leur ont jamais donné de justification logique pour imposer ces règlements scolaires.
Contrôle absolu sur l’apparence physique
À travers les réponses des étudiants, des normes véritablement irrationnelles qui cherchent à effacer toute trace d'individualité ont été mises en lumière. Les instituts imposent tout, de la longueur exacte et du design des chaussettes à l'interdiction totale de s'épiler les sourcils ou d'utiliser des produits de base comme de la crème solaire et du baume à lèvres. Comme si cela ne suffisait pas, la surveillance atteint des niveaux extrêmement invasifs en dictant la couleur exacte des sous-vêtements que les adolescents doivent porter. De plus, pendant les saisons froides et rigoureuses, les étudiants subissent des restrictions incompréhensibles sur l'utilisation de manteaux, pulls ou foulards, démontrant que pour les autorités, le maintien d'une uniformité visuelle impeccable est bien plus important que la santé ou le confort des étudiants eux-mêmes.
Des restrictions qui traversent les murs de l’école
La surveillance institutionnelle ne s’arrête pas lorsque la cloche de sortie sonne. Les jeunes ont exprimé leur profond mécontentement face aux directives qui leur interdisent de s'arrêter dans les magasins ou les parcs sur le chemin du retour, et limitent même le nombre de porte-clés autorisés dans leurs sacs à dos. L'isolement social est également un facteur lourd, puisque l'utilisation des smartphones est totalement interdite pendant les vacances scolaires et les festivals, moments où les étudiants cherchent simplement à communiquer ou à capturer des souvenirs avec leurs amis. Il existe des cas encore plus particuliers dans certaines écoles, où les étudiants sont obligés de porter d'épais collants thermiques à la remise des diplômes, sont tenus de dire « merci » au minimum dix fois par jour, ou encore les clubs de musique moderne sont totalement interdits sous prétexte qu'ils ont une mauvaise influence.

Curieusement, malgré leur désaccord, la grande majorité des jeunes ont avoué continuer à respecter les règles par crainte de représailles, même si la pression sociale pousse certains instituts à commencer à décontracter discrètement leurs cheveux et les contrôles d'uniformes. Sachant que l’objectif initial de ces mesures était de promouvoir l’égalité entre pairs, pensez-vous que ce type de discipline stricte contribue réellement à former de meilleurs citoyens, ou détruit-il simplement l’estime de soi des jeunes en ne leur permettant pas de s’exprimer librement ?
