En 2013, le gouvernement japonais a créé un fonds dont la mission est de faire connaître l'animation, la gastronomie et la culture du pays au reste du monde. En 2024, ce même fonds a accumulé un déficit de 383 milliards de yens. Le Cool Japan Fund est actuellement examiné par le gouvernement japonais, qui le considérerait parmi les candidats à une restructuration ou à une suppression pure et simple.

Le Cool Japan Fund a été lancé sous le gouvernement de Shinzo Abe sous la tutelle du ministère de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie, fonctionnant comme un fonds public-privé dans le but de soutenir les entreprises japonaises dans leur expansion internationale. L’idée était de fournir du capital-risque qui, à son tour, attirerait des investissements privés supplémentaires, permettant ainsi aux projets d’anime, de manga, de musique, de cinéma et de gastronomie d’être plus compétitifs sur les marchés mondiaux.

La réalité était différente. De nombreuses startups et projets dans lesquels le fonds a investi n'ont pas prospéré, et le déficit accumulé à la fin de l'exercice 2024 a atteint 383 milliards de yens, avec des pertes supplémentaires encore attendues. Les réactions à l'éventuelle suppression ont été principalement critiques à l'égard des performances passées du fonds, de nombreux observateurs soulignant que des sommes substantielles d'argent public ne se sont traduites par aucun bénéfice tangible pour les créateurs et les industries qu'elles étaient censées stimuler.

Une critique récurrente souligne que les exportations culturelles japonaises les plus réussies, notamment les anime et les mangas sur les marchés internationaux, ont atteint cette portée mondiale de manière indépendante, sans participation directe du fonds. Cela a conduit à se demander si l’objectif initial était réaliste ou si l’exécution était simplement médiocre. Les critiques ont également réclamé un examen approfondi de la manière dont les investissements ont été gérés et de la destination exacte de l’argent.

L’éventuelle suppression du Cool Japan Fund ouvre à son tour un débat plus large : si le gouvernement japonais veut continuer à soutenir l’expansion de son industrie créative à l’étranger, il devra trouver différents canaux qui s’adresseront plus directement à ceux qui produisent le contenu.

Le Cool Japan Fund, anciennement connu sous le nom d'Overseas Demand Development Support Organisation, a été créé en 2013 dans le cadre du Japan puissance douce du gouvernement de Shinzo Abe. Son mandat consistait notamment à investir dans des projets liés à la gastronomie, à la mode, aux anime, aux mangas et à d'autres expressions de la culture populaire japonaise afin de faciliter sa pénétration sur les marchés internationaux. Elle fonctionnait avec des capitaux mixtes publics et privés sous la tutelle du ministère de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie. Plus d’une décennie après sa création, l’équilibre financier qu’il laisse derrière lui a fait du fonds une étude de cas sur les limites et les risques de l’intervention gouvernementale dans les industries créatives.

Pensez-vous que l’industrie de l’anime a besoin du soutien d’un fonds gouvernemental pour se développer à l’étranger, ou le marché international a-t-il déjà prouvé qu’il pouvait trouver du contenu japonais par lui-même ?