Le gouvernement japonais a décidé d'appuyer sur l'accélérateur pour consolider sa domination culturelle dans le reste du monde. Lors d'un récent séminaire politique organisé le 27 mars, le ministère japonais de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie a présenté son plan directeur visant à amener l'industrie nationale du divertissement à des niveaux jamais vus auparavant. Le grand objectif du pays est d'élargir le marché étranger pour ses industries créatives afin d'atteindre le chiffre étonnant de 20 000 milliards de yens (environ 125 milliards de dollars) d'ici 2033.
Le plan pour l’anime : de meilleurs salaires et des superproductions
Pour l’industrie de l’anime en particulier, l’objectif est de presque tripler la taille de son marché étranger en moins d’une décennie. Le gouvernement espère passer des 2 170 milliards de yens générés en 2024 au chiffre brutal de 6 000 milliards de yens d’ici 2033. Mais comment compte-t-il réaliser ce bond monumental ? La stratégie officielle repose sur deux piliers majeurs que la communauté otaku réclame depuis des années : créer davantage de superproductions de haute qualité qui peuvent devenir des succès mondiaux et, plus important encore, augmenter les taux de rémunération basés sur la performance pour les animateurs et le personnel travaillant sur ces productions.
Pour que cela devienne une réalité, le gouvernement allouera un budget à trois domaines clés : soutenir la création de projets à grande échelle, étendre les plateformes de distribution afin que les séries atteignent davantage de pays et construire de meilleures plateformes de développement qui facilitent le lancement de nouveaux projets d'animation.
Conquête dans le jeu vidéo et guerre contre le piratage
L’anime n’est pas le seul secteur qui bénéficiera d’un énorme coup de pouce. Dans le domaine du jeu vidéo, l’objectif est brutal : faire passer le marché international des 3 400 milliards de yens actuels à 12 000 milliards de yens. Cet objectif sera atteint en aidant les entreprises japonaises à gagner davantage de terrain sur le marché concurrentiel des jeux sur mobile et sur PC, ainsi qu'en offrant des incitations fiscales à la recherche et au développement.
De son côté, l’industrie du manga vise à faire passer ses ventes à l’étranger de 300 milliards de yens à 1 000 milliards. Pour atteindre cet objectif, le gouvernement japonais a un plan très pratique en deux étapes : lancer des mesures anti-piratage beaucoup plus agressives pour éliminer les copies illégales sur Internet et améliorer les efforts de localisation (traduction officielle) afin que les œuvres puissent être lues légalement dans davantage de langues.
Ces projets ambitieux ne sont pas nés de nulle part. Les chiffres les plus récents montrent que le monde de l’anime est plus rentable que jamais. En 2024, le marché mondial de l’anime a atteint un sommet historique de 3 840 milliards de yens, marquant la troisième fois dans l’histoire que les bénéfices réalisés à l’étranger dépassaient les bénéfices générés au Japon. Avec cette nouvelle feuille de route, il est très clair que le gouvernement japonais considérera ses animateurs, dessinateurs et développeurs comme le principal moteur de son économie pour la prochaine décennie.
