Dans un geste sans précédent, la ville de Kobe, au Japon, a annoncé la suppression complète des activités extrascolaires (clubs) dans ses écoles secondaires publiques. Ce changement, qui commencera à être mis en œuvre au printemps 2024 et s'achèvera d'ici août 2026, marque un changement radical dans un pays où les clubs scolaires sont considérés comme un élément essentiel du développement scolaire et personnel des élèves.
L'importance des clubs scolaires au Japon
Au Japon, les clubs scolaires ne sont pas seulement des espaces pour faire du sport, explorer des intérêts artistiques ou acquérir de nouvelles compétences. Ils sont également considérés comme des outils fondamentaux pour promouvoir des valeurs telles que le travail d'équipe, la discipline et la responsabilité. En fait, dans de nombreuses écoles japonaises, la participation à un club scolaire est obligatoire, et ceux qui n'en adhèrent pas sont souvent étiquetés comme faisant partie du groupe. kitaku-bu (le « club de retour à la maison »), terme qui a souvent une connotation négative.
Ce système a été représenté dans de nombreuses séries animées, comme « K-On ! », qui montre la camaraderie dans un club de musique légère, ou « Haikyuu !! », qui met l'accent sur l'effort et l'amélioration personnelle dans une équipe de volley-ball. Ces histoires ont contribué à populariser à l’échelle mondiale l’idée des clubs scolaires japonais en tant que lieu où les jeunes découvrent des passions, nouent des amitiés et grandissent émotionnellement.
Pourquoi supprimer les activités extrascolaires ?
Le conseil scolaire de Kobe a noté deux raisons principales pour cette décision :
- Le faible taux de natalité au Japon : Le déclin de la population étudiante a rendu difficile le maintien de clubs et d'équipes sportives avec un nombre suffisant de participants, rendant peu pratique l'utilisation de grandes installations pour de petits groupes.
- Surcharge de travail des enseignants : Au Japon, les enseignants sont déjà confrontés à des horaires de travail extrêmement longs, et la supervision des activités extrascolaires, notamment le week-end, aggrave cette situation. L'élimination vise à soulager cette pression et à améliorer votre qualité de vie.
Pour éviter que les étudiants soient complètement privés d’options extrascolaires, Kobe mettra en œuvre un système appelé Kobe Katsu, qui permettra aux organisations sportives et culturelles locales d'utiliser les installations scolaires. Les étudiants pourront rejoindre ces programmes externes, leur donnant une plus grande flexibilité pour choisir des activités qui correspondent à leurs intérêts et à leurs besoins.
Parmi les avantages notables de ce modèle figurent :
- Une plus grande liberté de choix : Les étudiants pourront opter pour des programmes spécialisés ou éviter les environnements hostiles, comme des coachs abusifs, lors de changements d'organisation.
- Réduction de la stigmatisation : Alors que de plus en plus d'étudiants quittent les campus après l'école, ceux qui ne participent pas aux activités organisées peuvent se sentir moins isolés socialement.
Le directeur du Kobe Board of Education, Yasunori Fukamoto, s'est montré optimiste quant à cette initiative pionnière : «Nous espérons que cela permettra aux étudiants, en fonction de leur situation individuelle, de prendre des décisions sur la manière d'utiliser leur temps.».
Malgré les défis, ce changement pourrait inciter d’autres villes à reconsidérer leurs modèles d’activités parascolaires. Si beaucoup regardent avec nostalgie la fin d’un système qui faisait partie intégrante de l’éducation japonaise, d’autres espèrent que cette nouvelle approche permettra un développement plus personnalisé et durable. pour les étudiants comme pour les enseignants.
