La célèbre plateforme de vente de doujinshi, Site DLa annoncé que suspendra temporairement l'utilisation des cartes de crédit Visa et Mastercard dans son service. Bien que décrite comme une suspension temporaire, aucune date précise n’a été prévue pour sa levée. La société mère, EISYS, a annoncé la suspension sur son site Web, mais n'a pas expliqué en détail pourquoi ces cartes particulières ont été suspendues ni quand la suspension sera levée. L'entreprise a présenté ses excuses à ses clients pour la gêne occasionnée et a suggéré entre-temps d'utiliser des cartes alternatives telles que JCB et American Express.

DLSite a été fondée en 1996 en tant que magasin spécialisé dans la vente de doujinshi et autres œuvres de fans. Le site a depuis élargi son offre et comprend désormais des jeux vidéo, de l'ASMR et d'autres logiciels en plus des doujinshi et des mangas. Récemment, ils ont changé les étiquettes de certains catégories (par exemple « inceste » et « lolicon ») dans l'espoir de satisfaire leurs processeurs de paiement. Il semble toutefois que ces changements n’aient pas suffi à éviter la suspension de Visa et Mastercard.

La récente suspension de l'utilisation des cartes Visa et Mastercard sur DLSite n'est pas seulement un inconvénient pour les utilisateurs, mais met également en lumière un problème plus large : l'influence des sociétés financières multinationales sur l'industrie du contenu pour adultes au Japon. Cette décision de DLSite, bien que présentée comme une suspension temporaire, apparaît comme une réponse directe aux pressions exercées par ces sociétés pour censurer certains termes et contenus jugés problématiques.

Ces dernières années, des sociétés de services financiers telles que Visa et Mastercard ont menacé de retirer leurs services aux plateformes qui ne répondaient pas à leurs normes de contenu. Cela a conduit à une situation où ces plateformes sont obligées d’apporter des changements, même si cela implique de censurer ou de modifier leur contenu pour répondre aux demandes de ces entreprises.

Cette situation soulève d’importantes questions sur la liberté d’expression et l’autonomie des plateformes en ligne. Dans quelle mesure les sociétés financières multinationales devraient-elles influencer le contenu accessible et consommé sur Internet ? Devraient-ils avoir le pouvoir de dicter quels termes et quels sujets sont acceptables et lesquels ne le sont pas ?

S’il est compréhensible que ces entreprises aient des politiques visant à empêcher le financement d’activités illégales ou moralement douteuses, la frontière entre protection et censure devient souvent floue. La suspension de DLSite est un rappel frappant de la dynamique complexe en jeu entre la liberté d'expression, la réglementation des contenus et le pouvoir des grandes entreprises dans le monde numérique.