Le manga et l’anime acclamés »Oshi no Ko», connu pour aborder des sujets sensibles sur la pression à laquelle sont confrontés les idoles et les artistes, a amené ses créateurs, Aka Akasaka et Mengo Yokoyari, à parler de la manière dont ces réalités ont influencé leur propre vie. Dans une récente interview avec Full Frontal, les deux hommes ont partagé leurs expériences personnelles avec la dynamique des médias sociaux, la communication avec les fans et l'impact des critiques extrêmes.

©赤坂アカ×横槍メンゴ/集英社・【推しの子】製作委員会

La pression des réflecteurs

Dans Oshi no Ko, Akasaka et Yokoyari racontent l'histoire d'Ai Hoshino, une idole dont la vie est construite sur sa capacité à maintenir sa popularité à travers une façade perpétuelle de « mensonges ». La série explore également les conséquences tragiques de la haine et les critiques constantes auxquelles les artistes font face, souvent amplifiées par les réseaux sociaux.

Akasaka, le scénariste de la pièce, a avoué que ces dynamiques ne sont pas étrangères à sa propre expérience. «Les artistes et les créateurs sont fortement exposés au contrôle du public, ce qui en fait des cibles de calomnie. C'est quelque chose auquel je peux m'identifier, ce qui a rendu l'écriture à ce sujet un peu plus facile.», a-t-il expliqué.

Si les réseaux sociaux permettent une connexion plus directe entre créateurs et fans, ils exposent également les artistes à des commentaires blessants et à des malentendus. «Bien souvent, les gens se font du mal, même s’ils disent en réalité la même chose.» fit remarquer Akasaka.

La critique extrême et son impact sur le récit

Akasaka a également réfléchi à un phénomène particulier sur les réseaux sociaux : la tendance de certains utilisateurs à adopter des positions extrêmes pour « équilibrer » les opinions positives. «Prenons par exemple une œuvre qui reçoit des éloges. Il y aura toujours ceux qui ressentiront le besoin de « rétablir l'équilibre » en le critiquant de manière exagérée, comme si c'était le pire du pire, même s'ils estiment en réalité qu'il mérite trois ou quatre étoiles.», a-t-il commenté. Pour Akasaka, ce type de discours, qui amplifie les sentiments négatifs, ne contribue pas à un dialogue constructif.

Cette dynamique est devenue particulièrement évidente après la fin controversée du manga Oshi no Ko. Certains lecteurs ont exprimé leur mécontentement, affirmant que le résultat trahissait la prémisse originale et n'offrait pas une résolution satisfaisante. Face à ces critiques, Akasaka a défendu sa décision, assurant que la fin reflétait la vision qu'il avait toujours eu de l'histoire.

©赤坂アカ×横槍メンゴ/集英社・【推しの子】製作委員会

De son côté, Yokoyari, l'illustratrice d'Oshi no Ko, a souligné l'importance de la communication dans le processus créatif. Comme il l'a expliqué à Full Frontal, le manga est une forme de dialogue constant avec les lecteurs. «Pour moi, le manga est une communication. À son niveau le plus fondamental, il s’agit toujours de frictions entre les gens. Je pense que la création ne peut exister que dans ces dynamiques, et c'est une chose à laquelle je pense constamment.», a-t-il souligné.

Yokoyari a également joué un rôle central en aidant Akasaka à transmettre clairement ses idées. Les deux ont collaboré étroitement pour s’assurer que chaque partie de l’histoire communique l’intention originale.

Un miroir de la réalité

Le succès d’Oshi no Ko ne réside pas seulement dans sa narration, mais aussi dans sa capacité à servir de miroir aux relations complexes entre les artistes, les fans et les médias sociaux. L’œuvre dénonce non seulement la pression et la haine auxquelles les artistes sont confrontés, mais discute également de la manière dont la dynamique de communication peut être améliorée pour éviter les malentendus et construire un dialogue plus honnête.

Malgré les critiques reçues, Akasaka et Yokoyari continuent de défendre leur travail comme un outil permettant d'explorer ces thèmes et d'encourager une réflexion profonde tant chez les lecteurs que chez eux-mêmes.