Ces derniers jours, plusieurs médias japonais rapportaient que l'utilisation du suffixe « -chan » sur le lieu de travail avait été considérée comme du harcèlement sexuel par un tribunal de Tokyo. Mais l’affaire est bien plus complexe que ce titre. Le verdict du tribunal de district de Tokyo, rendu le 23 octobre, concernait une poursuite pour harcèlement au travail contre un employé de Sagawa Express, mais l'utilisation de « -chan » n'était qu'un des nombreux comportements mis en doute.
Le contexte réel de l'affaire
La plaignante, une ancienne employée d'une quarantaine d'années, accusait un collègue plus âgé de s'être adressé à elle de manière inappropriée, en utilisant le suffixe « -chan » et des expressions telles que « tu es jolie » soit « Vous avez une bonne silhouette. ». Après avoir souffert de dépression, la femme a démissionné en 2021 et a poursuivi l’homme et l’entreprise en justice. Sagawa Express a réglé à l'amiable 700 000 yens, mais l'accusé a décidé d'être jugé et a finalement été condamné à payer 220 000 yens d'indemnisation.
Ce que le tribunal a réellement dit
Le juge Shinji Tahara a noté que l'utilisation de « -chan » n'était pas nécessaire dans un environnement de travail et, compte tenu de la différence d'âge et de sexe entre les deux, pourrait être offensante. Cependant, le tribunal n’a pas déterminé que la simple utilisation du suffixe constitue du harcèlement sexuel, mais plutôt que l’ensemble des attitudes – commentaires sur l’apparence et traitement excessivement familier – formait un modèle de comportement inapproprié.
Au-delà du titre
L’interprétation virale de la décision comme une « interdiction de -chan » a simplifié à l’extrême une question qui combine langage, hiérarchies et frontières professionnelles. En japonais, « -chan » est utilisé dans des contextes affectifs ou informels – entre amis, en famille ou pour s'adresser aux enfants – et son utilisation au travail peut être considérée comme trop proche s'il n'y a pas de confiance mutuelle.
En d’autres termes, ce n’est pas le suffixe qui constitue du harcèlement, mais le fait d’imposer une familiarité non désirée ou de l’accompagner de commentaires inappropriés. Ce cas nous rappelle que le respect au travail ne dépend pas seulement du langage, mais aussi de l'empathie et des limites interpersonnelles.
Pensez-vous que la différence entre proximité et respect devrait avoir plus de poids dans la façon dont les collègues communiquent au Japon ?
