Le débat sur l’IA dans le doublage vient de prendre une tournure inattendue au Japon. L'agence artistique 81Produce, qui abrite des stars telles que Rie Takahashi, Reina Ueda et Soma Saito, a annoncé lundi un partenariat stratégique avec la société de logiciels ElevenLabs. L'objectif est double : protéger la voix de ses acteurs contre toute utilisation non autorisée et, en même temps, permettre la création officielle de « clones de voix » multilingues.

Doublage mondial en 29 langues

Selon le communiqué, ElevenLabs utilisera sa technologie pour créer des doublages d'IA autorisés en 29 langues basés sur les voix originales des seiyuus. La promesse est que cela permettra une nouvelle source de revenus de redevances et améliorera la productivité des services de streaming mondiaux. En échange, l'agence mettra en œuvre des outils tels que VoiceCAPCHA et le tatouage numérique (normes C2PA) pour détecter et arrêter le piratage vocal généré par des tiers.

L'ironie de Freezer

Cette décision a fait sourciller en raison d’une curieuse contradiction interne. 81Produce représente Ryusei Nakao (la voix emblématique de Freezer dans boule de dragon), qui est un membre éminent du groupe « No More Unauthorized Generative AI », formé pour lutter contre l'utilisation de ces technologies. Contrairement au récent accord d'Aoni Production, qui limitait l'utilisation de l'IA aux assistants virtuels, cet accord avec ElevenLabs mentionne explicitement la création d'impressions multilingues pour le contenu, nous ouvrant la porte pour entendre nos seiyuus préférés « parler » espagnol ou anglais dans un avenir proche.

Aimeriez-vous voir un anime dans lequel la voix espagnole est une recréation IA de la voix japonaise originale ?